Welcome Aurèle
Hardi petit Aurèle, fils de Benoît et Virginie, tu es né bilingue Latin et Histoire Ancienne - bref, tu es un grand incompris pour le moment. On t'emmènera plonger à Bali, plus tard, quand tu parleras Français moderne et Ipad. Welcome.
WE surprise
Une ville émerge des eaux...
Stockholm?
Non,
Venise. "On l'a bien trop imaginée avant de la connaître pour la voir telle qu'elle est. Nous l'aimons au travers de nous-même. Sortilège, illusion, piège, glaces déformantes, voilà ce qu'elle est, et ce que nous lui demandons d'être" écrit Fernand Braudel (dans le fameux petit bouquin jaune sur la Méditerranée).
Ok Fernand, à nous deux Venise.
Munis de multipass Vaporetto, 15 ans après le voyage initiatique avec Eurolines qui m'avait fait découvrir Venise, Florence et Pise, me revoilà à Venise, grâce à Vincent. Première chose à mettre au point: hors de question de penser à faire un tour de gondole. J'ai peut-être 15 ans de plus, mais j'ai les mêmes principes (en ce qui concerne les gondoles).
Après avoir posé le postulat, nous pouvons commencer notre errance dans Venise.
Il s'agit d'oublier les plans, les cartes, les noms de rue - cela ne sert à rien.
Il faut juste se laisser porter. En fait, le but du jeu devient rapidement de dénicher les endroits où il y a le moins de monde, les endroits calmes et déserts où les foules de touristes ne s'aventurent pas.
L'île de Murano, où l'on fabrique les fameux objets en verre (comme les petits chevaux de Dalarna), n'est pas un havre de paix, loin s'en faut.
Donc retour à la case Venise.
Promenade dans les différents quartiers, croisant des Eglises à l'histoire compliquée,
Petit tour au Palais des Doges,
Les jours commencent à se mélanger doucement, entre les canaux, les ponts, le vaporetto, les pizzas, les retours sur l'île du Lido, les apéritifs Apérol Spritz...
Petit à petit on entre dans le rythme de Venise.
On décide d'aller visiter les Fondations que l'on aurait pu voir à Paris.
Chez Monsieur Pinault, à la Douane de Mer,
les espaces ont été rénovés par Tadao Ando, et tout respire le calme. Peu de touristes, c'est doublement merveilleux.
Il y a aussi le Palais Grassi, avec un fantastique tableau de Murakami, entre autres. J'aime beaucoup cette Venise-ci.
Du coup, on tente de sortir des sentiers battus les derniers jours de notre visite,
Du côté de l'Arsenal et de la pointe Est de l'île, on trouve des quartiers un peu plus ordinaires et vivants,
Comme le parc de la Biennale de Venise, qui ressemble un peu aux berges de la Grande Jatte
Aussi après quelques jours à Venise, il faut l'avouer, la ville décrite par Fernand Braudel commence à tenir du piège et du sortilège, mais un peu comme un Disneyland grimaçant et perverti, comme si la petite musique guignolesque de Main Street avait déraillé. Il y a une certaine magie, mais aussi une certaine fatigue. Il faut remonter au chapitre précédant celui de Venise, dans le fameux petit bouquin jaune, et les mots de Maurice Aymard:
"La victoire de l'été a été celle de la masse. [...] Invasion pacifique, pense-t-on, que celle de ce tourisme volontiers moutonnier, prêt à payer, et à payer cher, le droit de dormir, de consommer et même de regarder. N'apporte-t-il pas sur place une occupation à des gens sans travail, et d'appréciables devises pour solder les balances des paiements des pays peu industrialisés? Personne ne se fixe ou ne pense même à se fixer durablement. Quand reprend le travail dans les bureaux et les usines du Nord, les mêmes foules regagnent en bon ordre leurs pays d'origine. Invasion pacifique donc, mais non pas innocente. Destructrice de sites et de paysages défigurés par le luxe un peu faux des hôtels, des immeubles "front de mer" et des résidences secondaires: pour l'archéologue de demain, sa trace aura tous les aspects d'une conquête. Destructrice aussi des équilibres anciens et fragiles des sociétés qui l'accueillent, mal préparées le plus souvent à subir le choc de l'économie monétaire et poussées à sacrifier l'avenir au présent. Consommatrice enfin d'exotisme et de folklore, et se prêtant au genre de vie méditerranéen comme à un jeu, non comme à une réalité: pour la première fois dans son histoire la Méditerranée séduit ses envahisseurs sans les assimiler autrement qu'en surface, et se trouve elle-même menacée d'être assimiliée par eux, et réduite à l'état d'objet: un lieu de spectacle peuplé d'acteurs progressivement animés par l'aigreur, dans une vie en retrait, fruit vénéneux de la dichotomie entre la vie native des hivers, désormais fossile, et la vie fausse des étés vénaux."
Visionnaire.
En plus si les touristes font les couillons sur fond de place Saint Marc... Où va le monde!!!
Touristes parmi les touristes, étouffant par moment au milieu des Coréens et des Russes face au Pont des Soupirs, on a réussi un beau WE ensoleillé et Al dente. Conclusion: à Venise, il faut marcher beaucoup, parler italien, boire beaucoup d'Apérol et de Campari (Vincent a fait énormément d'efforts et de progrès de ce point de vue là, c'est remarquable), éviter la place Saint Marc et le Rialto, courir voir toutes les formidables expos d'Art Contemporain, trouver un hôtel sur le Lido (où les vénitiens vivent).
Merci Vincent pour un beau WE!
Premier visiteur!
Ca y est, nous avons accueilli notre première visiteuse... C'est Christina, notre amie germanique qui a migré de Stockholm à Londres.
Avec elle nous retournons visiter la Bonne-Mère et ses mobiles de bateaux...
Puis nous continuons notre exploration des activités marseillaises du WE.
Il semble que les Marseillais, le WE, aiment beaucoup partir dans la nature avec un pique-nique. Mais comme ils sont plutôt sportifs, ils font des pique-niques-mousquetons dans les calanques.
Ci-dessous, derrière Christina, une famille entière s'est sauvagement lancée à l'assaut d'une paroi, parfaitement harnachée et casquée. Puis tout le monde partagera le Caprice des Dieux de l'amitié sous les sapins. Ca a l'air très sympa, je me joindrais volontiers à eux.
Mais nous continuons notre chemin vers la calanque, comme des cabris heureux et essoufflés (avril: le manque de sport se fait cruellement sentir. Des mesures doivent être prises immédiatement).
Prochains visiteurs, notez donc que le paysage ci-dessous est visible à la calanque du Sormiou (chaussures de marches recommandées). C'est assez surréaliste, à une demi-heure de route de Marseille. Quand on pense qu'au même moment il neige encore en Suède...
Activités du WE
Le WE, à Marseille, que faire? En effet, la pression est grande: il fait beau donc obligation de "sortir pour en profiter" et "il y a la mer". En résumé, il est INTERDIT de louper son WE. Moi ça me stresse, et parfois le bon coup de pluie et de neige me manque. Car le canapé est toujours mon radeau de la méduse.
Ce dimanche 22 avril, nous sommes donc partis à l'aventure avec le monstertruck de Vincent et avons atterri à Niolon, petite chose bucolique coincée entre les rocailles, quelque part à l'est de Marseille.
Le motif rocaille / agave / bateaux pêcheurs / crique à eau claire semble un élément récurrent de la marseillitude. Il a donc pleinement sa place dans le tableau final d'un WE réussi.
Je me souviens avoir vu ce type de port en Suède... Configuration similaire avec petites maisons rouges, et quelques degrés en moins bien sûr. Et sans la mélodie des chanteurs de terrasse si propre au Sud, ces troubadours éloquents du Pastis, de la guitare sèche et des chansons paillardes, auxquels on n'échappe pas passé 17 degrés à l'ombre et 11h du matin.
A Niolon l'American Boyfriend en mode lézard découvre aussi les autochtones du sud: un tableau de mectons un peu gras du bide, rouges, cheveux ras - torse nu - shorts longs - Nike Air, qui évoluent de manière un peu brusque et toujours très crâne sur des pontons en béton, non loin de l'eau claire. Ils aiment bien laisser derrière eux foule de détritus et leurs femelles sont craintives et grasses, cachées derrière des lunettes de soleil taille XXL. Ceux-là je les décris simplement, sans prendre de photo, car on ne sait jamais...
Outre les bains de soleil, les gens du sud aiment aussi profondément la pêche, et sont finalement de grands contemplatifs. Sur fond de complainte du Pastis (venant des terrasses environnantes), ce père et son fiston attendent patiemment la morue tout l'après-midi. Petit à petit, on entre dans l'ambiance du Sud... C'est le Grand Bleu en puissance.
Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin Ikea
En vrac...
Aller-retours chez Ikéa à Marseille, pour meubler, se ressourcer en boulettes de viande et se cultiver au rayon bouquins en suédois,
Tentatives d'adaptation à la vie dans le Sud... Mais mars, c'est un peu trop tôt pour jouer les touristes dans le Sud (est-ce qu'on aurait eu l'idée saugrenue de faire du tourisme en Suède en mars?!!!) : on repassera en mai!
Du coup retour aux sources à Paris, toujours salutaire, sans objectif précis si ce n'est de flâner et retrouver les amis,
3 ans après: retrouvailles avec l'appartement de la Grange-aux-Belles, toujours pimpant et à la pointe! Et les merveilleuses pizza du Pink Flamingo, le Canal du Saint-Martin... Bonheur.
Sans oublier les tentatives hebdomadaires pour apprivoiser une nouvelle "routine", pour l'instant un peu coincée entre les aller-retours à Marseille et les voyages professionnels en semaine...
Mieux que la ligne 2 "Nation-Porte Dauphine", mieux que la ligne 6 "Nation-Charles de Gaulle Etoile", mieux que la Röda Linjen "Morby Centrum-Norsborg"... Voici le TER "Mandelieu La Napoule-Cannes-Nice-Ventimiglia".
Quand je dis mieux, c'est uniquement niveau paysage, évidemment. Le métro parisien ou suédois sont vingt millions de fois plus rapides, ponctuels et respectueux des usagers que le TER PACA.
Après 50mn de trajet en bétaillère entre Nice et Monaco, il est toujours frappant d'être accueilli dans les bureaux du Gildo par Albert et Charlène. Un peu comme si Nicolas vous accueillait tous les jours au bureau. Ou Victoria et Daniel. C'est bien à l'image de Monaco, ça...
Monaco se révèle, comme prévu, être tout un poème... J'y reviendrai plus tard. En attendant, on fait du jardinage à Marseille et je pars demain en Afrique du Sud. Et puis, si si si, j'ai trouvé un appartement à Nice. Vivement mai en fait, et la fin de toute la logistique, j'ai très envie de jouer les touristes pour de bon.



































